Heureux serez-vous…

Les béatitudes font partie de l’enseignement de Jésus sur la montagne. Jésus débute son enseignement en mentionnant neuf béatitudes. Le mot « béatitude » vient du latin « beatitudo » qui signifie « le bonheur ». Ce mot a le sens de félicité parfaite ou de bonheur serein. On appelle le passage de Matthieu 5 :1-12 « Les béatitudes » parce que chacun de ces versets débutent par le mot « Heureux ».

Matthieu 5 : 1-12

Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne; et, après qu’il se fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui. Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna, et dit:

Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux! Heureux les affligés, car ils seront consolés! Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre!

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés! Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde! Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu! Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu! Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux! Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous.

Le mot grec traduit par « heureux » est « makarios ». Il signifie heureux, bienheureux, bonheur, béni. Une traduction pleinement littérale de ce mot serait : « qui possède une joie intérieure incapable d’être affectée par les circonstances qui l’entourent. »

Ce genre de joie dépasse la conception d’une joie simplement liée à un évènement heureux ou provoquée par la possession d’un bien quelconque. Par exemple, lorsque l’on reçoit un cadeau, nous ressentons une certaine joie. La joie dont il est question en Matthieu 5 est indépendante des circonstances ou des évènements qui nous entourent.

Il est important de bien saisir cet élément. La joie que le Seigneur a en réserve pour nous est au-dessus d’une joie simplement terrestre ou humaine. Cette joie nous vient directement du trône de la grâce et nous est départie par l’Esprit de Dieu en nous. La Parole de Dieu nous mentionne que la joie du Seigneur sera notre force (Néhémie 8 :10).

Il est bon de préciser que la joie que nous manifestons ici-bas n’est pas anti-biblique, au contraire! Le Seigneur a créé les sentiments et les émotions qui nous animent. Lorsque nous manifestons de la joie, nous en éprouvons un certain bien-être. Cependant, nous constatons tous que nous ne vivons pas toujours des évènements heureux et que, parfois, la tristesse et l’affliction nous envahissent.

Le passage des béatitudes mentionne des persécutions, des outrages et de fausses accusations. Vous serez sûrement d’accord avec moi pour dire qu’il est bien difficile de se réjouir quand nous sommes confrontés à ce genre de situations. Néanmoins, le Seigneur a répété à neuf reprises le mot « heureux » et ce, même en parlant des temps plus difficiles que nous pouvons expérimenter.

Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi.

Quand je lis, en Actes 16, que Paul et Silas se sont mis à chanter les louanges du Seigneur au beau milieu de la nuit alors qu’ils étaient emprisonnés, blessés, meurtris et  dans un contexte très pénible, c’est-à-dire dans un cachot humide et au milieu de malfaiteurs, je me dis que soit ils étaient devenus fous, soit ils déliraient à cause de la douleur, ou bien une grâce spéciale de la part du Seigneur leur était accordée. Effectivement, une grâce spéciale leur fut départie. Cela rejoint le sens du mot « makarios » : qui possède une joie intérieure incapable d’être affectée par les circonstances qui l’entourent. 

« Heureux serez-vous… » nous dit le Seigneur.

En Actes 20 :24, Paul dit : « Je ne fais aucun cas de ma vie… pourvu que j’accomplisse ma course avec joie ». Encore là, ca nous paraît paradoxal. Comment ne faire aucun cas de sa vie et en être joyeux ? La mentalité du siècle présent va plutôt encourager l’inverse : tu dois faire cas de ta vie…te préoccuper de ton bien-être personnel…te soucier de tes gains…penser à toi…te donner du bon temps…vivre ta vie en te donnant le plus de plaisir possible… etc. Ce dicton bien connu mais erroné le souligne aussi : « charité bien ordonnée commence par soi-même ». Ce dicton ne se trouve pas dans la Bible, il vient des hommes. La Parole de Dieu nous exhorte plutôt à considérer les autres, à donner, à se préoccuper de notre prochain, à chercher le royaume et la justice de Dieu en premier et le reste suivra. (Phil.2 :4, Matthieu 6 : 33).

En tant que chrétiens, nous constatons que lorsque nous ne nous soucions que de nous-mêmes et que nous ne considérons que nos propres intérêts, et non ceux du Seigneur et de son corps, nous ne sommes pas vraiment des chrétiens heureux. Cependant, vous remarquerez que ceux qui mettent de côté leurs propres intérêts et qui cherchent premièrement à plaire au Seigneur sont heureux.

Un enfant de Dieu ne règle pas sa vie selon l’enseignement du monde mais selon l’enseignement de Dieu. Par la foi, il s’en remet au Seigneur et croit que si Dieu a dit : « Heureux ceux et celles qui… », c’est vraiment ce qu’il voulait dire et que Sa parole est vraie et fonctionnera!!! Jésus n’a pas dit : « Malheureux si vous êtes persécutés, maltraités, outragés » mais heureux !!!

Sachant donc que le Seigneur a une joie ineffable à nous communiquer, il nous faut maintenant savoir à qui s’adresse plus particulièrement cette joie et ce bonheur !!!

Première béatitude : Matthieu 5/3 : « Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux! »

Ce n’est pas par hasard que le Seigneur commence son enseignement par cette béatitude. Celle-ci nous ouvre la porte à tout ce que le Seigneur a pour nous. Le Royaume des cieux est à eux!

La plupart du temps, les gens identifient ces pauvres en esprit de Matt 5 :3 aux personnes atteintes d’une déficience mentale. Remarquons bien que le passage ne dit pas heureux les pauvres d’esprit mais en esprit. Le passage nous parle ici de pauvreté spirituelle.

Jésus a bien mentionné qu’il n’était pas venu ici-bas pour appeler des justes mais des pécheurs (Luc 5:32), sous-entendant par le mot « justes » les personnes se croyant justes en elles-mêmes. Selon la Parole de Dieu, on sait bien que tous sont pécheurs, privés de la Gloire de Dieu et qu’il n’y a personne de juste et qui ne pèche jamais (Romains 3 :10 et 23).

Il est impossible pour l’homme d’avoir part au royaume de Dieu et de posséder la vie éternelle s’il a la pensée qu’il est riche spirituellement parlant ou que ses propres œuvres lui obtiendront le salut. La parabole dite par Jésus en Luc 18 :10-14 mentionne deux hommes qui vont au temple pour prier : un publicain et un pharisien. L’un repart justifier et l’autre n’a rien reçu de Dieu parce qu’il se croyait juste par ses bonnes œuvres.

La différence réside dans l’attitude de ces deux hommes qui viennent dans la présence de Dieu et cela nous fait réfléchir : est-ce que l’on se frappe sur la poitrine en se sachant pauvre en nous-mêmes ou bien frappe-t-on sur la poitrine des autres en se glorifiant à tort de nos bonnes œuvres ou de notre sainteté?

Le salut est accordé à celui ou celle  qui reconnaît son état de pécheur et qui sait ne pas pouvoir se sauver lui-même. En venant à Jésus pour le pardon de nos péchés et en le recevant avec foi dans nos cœurs comme Sauveur personnel, le Royaume de Dieu s’ouvre à nous. La vie éternelle nous est accordée. Nous devenons enfants de Dieu et nous participons à la louange de sa Gloire. (Éph. 2 : 8-9; Jean 1 :12; Rom. 6 :23; Jean 3 :36)

C’est dans cette attitude de pauvreté spirituelle que nous accédons à la vie de Christ et que nous devenons membres de son Corps et de son Royaume. C’est aussi en gardant cette attitude de reconnaître que tout nous vient de Lui, par Lui et non de nous-mêmes que la grâce de la vie chrétienne avec le Seigneur nous est pleinement accordée. (Col. 2 :10)

Il y a un danger constant pour le chrétien d’en venir à croire qu’il est riche, fort, sage, intelligent et capable d’accomplir quoi que ce soit par lui-même. Lorsque Jean écrit à l’Église de Laodicée, il écrit à des chrétiens. Il va les exhorter à ne pas retomber dans le piège de se croire quelqu’un par lui-même.

Apo.3 : 17-18 « Parce que tu dis: Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. »

Ce n’est donc pas seulement lorsque l’on veut obtenir le salut que la pauvreté spirituelle doit se manifester en nous mais il est bon qu’elle demeure une attitude de vie. Pour posséder toutes les richesses du royaume des cieux,  gardons cette attitude qui nous permet de reconnaître que, sans Dieu, on ne peut rien! (Jean 15 : 5)

Nous avons toujours besoin de son aide, de sa force et de son Esprit qui nous rend capables! (2 Corinthiens 3;5) Bien des chrétiens tombent quand ils en viennent à croire que, par leurs propres capacités, talents ou volonté, ils peuvent accomplir la volonté de Dieu. Certains en viennent même à croire que, sans eux, l’œuvre de Dieu ne pourra avancer ou sera limitée ou de moindre puissance.

1 Corinthiens 10 :12 nous exhorte : Que celui qui est debout ne prenne garde de tomber… Demeurons vigilants dans ce domaine, sans se relâcher  (Luc 18 :1) et prions constamment pour garder cette humilité car, c’est l’humilité qui précède la gloire! (proverbes 18;12)

Je vous exhorte à prier chaque jour en vous humiliant sous sa puissante main et Dieu vous élèvera au temps convenable. (1 Pierre 5 :6) David savait l’importance de se voir tel qu’il était : faible, pauvre, nu et aveugle sans Dieu. Il va même mentionner en Ps 22 :6 « je suis un ver et non un homme ». Face à la grandeur de son Dieu, il se voyait comme un ver. Dieu a souverainement élevé l’humble David et lui a fait atteindre des sommets.

Matthieu 5/3 renferme une grande promesse : « le royaume des cieux est à eux ». Le royaume des cieux appartient aux pauvres en esprit, aux humbles. C’est pour eux, ils en font partie, ils en sont héritiers et les promesses du royaume leur appartiennent. Heureux sont-ils…le bonheur est pour eux !!!

La force d’un croyant réside dans sa faiblesse! Quand nous sommes faibles, c’est alors que nous sommes forts. (2 Cor. 11 :30; 12 :9-10) Tant et aussi longtemps que nous réaliserons notre incapacité à pouvoir obéir et plaire à Dieu par nos propres forces et que  nous réclamerons son aide pour y parvenir, alors nous pourrons bénéficier de tout ce que le royaume de Dieu a pour nous et Sa joie en fait partie! Heureux serez-vous quand la reconnaissance de votre pauvreté spirituelle vous poussera à crier au Seigneur pour réclamer sa miséricorde, sa force et sa sagesse !

Ps 121 : 1-2 Je lève mes yeux vers les montagnes…D’où me viendra le secours? Le secours me vient de l’Éternel, Qui a fait les cieux et la terre.

Jean 15 : 5 … Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire.

2 Corinthiens 3 : 5, Ce n’est pas à dire que nous soyons par nous-mêmes capables de concevoir quelque chose comme venant de nous-mêmes. Notre capacité, au contraire, vient de Dieu.

Heureux serez-vous et heureux serons-nous en réalisant notre pauvreté spirituelle !!!

Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux !